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La tuerie du lycée d'Erfurt, où un élève expulsé est venu tuer seize personnes avant de se donner la mort, conduit de nombreux journaux à s'interroger sur la "globalisation de la violence". Voire à considérer que ces tragiques excès ne sont plus l'apanage des Etats-Unis.

La montée des "violences globales"

• LEMONDE.FR | 29.04.02 | 10h20

• MIS A JOUR LE 29.04.02 | 11h53

L'école, "ancien" lieu d'espoir. "Il est apparemment plus dangereux d'être professeur ou secrétaire dans un lycée allemand que soldat d'élite des troupes allemandes dans l'Hindou Kush [montagnes du nord de l'Afghanistan], constate, lundi 29 avril, la Süddeutsche Zeitung dans un éditorial. "Depuis Djerba, poursuit ce quotidien munichois de gauche, les Allemands ont senti que le monde n'est plus un lieu sûr, y compris lorsqu'on évite les régions en crise notoire. (…) Et les points d'impact se rapprochent : dans nos colonnes figure l'avertissement de la police criminelle fédérale sur les risques d'attentats terroristes en Allemagne dans les semaines à venir [menaces émanant, selon le procureur général, de membres de l'organisation sunnite palestinienne Al-Tawhid récemment interpellés]. La violence, qui dégouline sur le système capillaire des Etats pacifiés de l'Ouest, ne respecte pas la différence entre civils et militaires. (…) Pis, le soupçon se déplace sur le lieu même où ces sociétés ont déposé leurs espoirs pour le bien des générations futures : l'école." Le même quotidien bavarois se félicite par ailleurs que, le jour du bain de sang d'Erfurt, le Parlement allemand ait voté un texte renforçant la réglementation déjà sévère sur la détention des armes à feu, mais retient cette "amère leçon américaine : les mesures de sécurité à l'école peuvent compliquer des actes de démence mais ne les empêchent pas".

 Les "jeunes instables" devant eux-mêmes. La Frankfurter Allgemeine Zeitung tourne ses regards vers le même pays. "C'est le genre d'images qu'on avait l'habitude de ne voir qu'aux Etats-Unis. Des images d'élèves qui, par frustration, dirigeaient leurs armes vers leurs professeurs ou leurs camarades. (…) On les expliquait par la facilité avec laquelle on se procure des armes aux Etats-Unis – aussi facilement qu'acheter de l'alcool en Allemagne." Et ce journal conservateur de s'interroger devant ce drame apparemment préparé de longue date : "Pourquoi est-ce que personne n'a décelé les intentions du forcené ? (…) Il n'y avait peut-être aucun moyen de savoir qu'il se vengerait [d'avoir été expulsé de son établissement en février]. Mais les morts d'Erfurt sont le signal que des jeunes gens instables ne doivent pas être laissés à eux-mêmes."

Pistes. "Zoug, Nanterre hier, aujourd'hui la tuerie du lycée d'Erfurt, quoi demain ?, se demande Le Temps de Genève. Sommes-nous condamnés à vivre dans un monde toujours plus violent où les frustrations transforment les moins solides en autant de bombes humaines capables de tous les carnages ?" La réponse semble être affirmative, autour de cette "donne fondamentale" : "Dans un monde globalisé, la violence se globalise elle aussi", tandis que monte "le sentiment d'insécurité, dont il est tant question depuis la victoire de Jean-Marie Le Pen au premier tour". "Dans ce désarroi, on cherche des pistes. Les uns réclament la restauration de l'autorité, la réaffirmation des valeurs. Les autres appellent à combattre l'exclusion et le désespoir, à chercher les moyens de fabriquer davantage de cet élément-clé d'une vie commune heureuse : le lien social."

Boucs émissaires et héros. "Il y a quatre ans, juste après qu'un élève de Tourcoing eut été tué avec le pistolet qu'il avait apporté en classe, rappelle le Washington Post, les dirigeants et sociologues des pays européens avaient pointé du doigt le déversement de la culture de la violence des Etats-Unis vers l'Europe."Je ne veux pas que l'Amérique exporte sa civilisation violente", fulminait Claude Allègre, alors ministre de l'éducation. (…) Depuis, une avalanche d'incidents violents en France et en Allemagne, notamment, ont contraint les dirigeants européens à regarder plus durement et souvent avec moins de complaisance leurs propres sociétés, avant de conclure que les tueries ou la violence par les armes à feu n'étaient plus un phénomène exclusivement américain." A Londres, le Guardian de Londres préfère mettre en avant un "héros", à savoir le professeur d'histoire qui a affronté le forcené, Robert Steinhaüser, avant de l'enfermer dans une pièce, où il a finalement mis fin à ses jours.

Revue de presse réalisée par Martine Jacot

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