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Dix-huit morts dans une fusillade dans un lycée en Allemagne

• LEMONDE.FR | 26.04.02 | 17h06

• MIS A JOUR LE 26.04.02 | 21h32

Un lycéen d'Erfurt a abattu 17 personnes avant de se donner la mort, vendredi 26 avril, dans la pire tuerie jamais survenue en Allemagne depuis 1945. Le massacre s'est produit au lycée Gutemberg de cette ville de 200 000 habitants, capitale du Land de Thuringe, dans l'est du pays. Armé d'un fusil à pompe et d'une arme de poing, le jeune homme, se vengeait d'avoir été récemment exclu de l'établissement, a tué méthodiquement 14 enseignants, deux élèves et un policier en sillonnant les couloirs et les salles de classe. Encore traumatisée par la mort de 11 ressortissants dans l'explosion de Djerba, en Tunisie, il y a deux semaines, l'Allemagne a été frappée de stupeur.

Le chancelier Gerhard Schröder, qui s'est déclaré "atterré", a immédiatement annulé un meeting de campagne prévu samedi. "C'est tellement exceptionnnel que cela dépasse l'imagination. Je pense que nous avons tous besoin de temps pour faire le point", a ajouté le chancelier. "Tous les efforts pour arriver à comprendre comment une telle chose a pu se passer sont prématurés. Les questions qui sont posées ici appellent des réponses de la part de toute la société", a-t-il ajouté. "La police intervenue sur place a découvert l'horreur. Il y avait des cadavres dans les couloirs, les salles de classe, un corps a été trouvé dans les toilettes", a déclaré un porte-parole des forces de l'ordre.

Six personnes ont été grièvement blessées. "L'assaillant était un ancien élève qui avait été exclu de l'école. Nous ne pouvons donner davantage de détails pour le moment", a déclaré Manfred Grube, chef de la police d'Erfurt lors d'une conférence de presse. "Il a mis fin à ses jours, apparemment lorsqu'il a vu qu'il n'y avait aucune issue pour lui", a-t-il ajouté. La police avait évoqué la présence de deux tireurs dans un premier temps. L'établissement, qui compte quelque 700 élèves, a été rapidement encerclé par les forces spéciales de la police, alertée par le concierge qui a entendu des premiers tirs peu après 11 heures. La police avait installé une tente pour recevoir les parents et les informer de l'évolution de la situation. Un témoin affirme avoir vu une pancarte dépasser d'une des fenêtres de l'école, sur laquelle on pouvait lire "A l'aide". "Ca m'a donné des frissons, j'ai vu cette grande pancarte avec l'inscription"A l'aide"et des personnes bougeant derrière, mais je ne pourrais pas dire si c'était des enfants ou les agresseurs", a déclaré ce témoin à la chaîne RTL.

DEBAT SUR LES ARMES A FEU

Le ministre de l'Intérieur allemand, Otto Schily, a pour sa part déclaré : "Nous devons nous poser la question de savoir ce qui ne va pas dans une société d'où est issu un jeune homme qui a causé une telle catastrophe, et qui est capable d'agir avec une telle agressivité". Schily a également affirmé que l'examen vendredi d'une loi sur le contrôle des armes à feu par le gouvernement allemand n'avait été qu'une macabre coïncidence. "Nous ne connaissions ces images qu'en provenance de l'Amérique", estime le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung dans un éditorial à paraître samedi. "Des élèves qui prennent des armes à feu pour provoquer un bain de sang, pour se venger d'autres étudiants et de professeurs à cause d'une humiliation, de moqueries, et parfois même simplement pour un mauvais bulletin de classe", a poursuivi le quotidien de Francfort.

L'Allemagne dispose d'une législation très stricte en matière de ventes d'armes mais les experts soulignent la recrudescence du trafic d'armes en provenance de l'ex-Yougoslavie et d'Europe de l'Est en général. En février, un homme avait abattu trois personnes et en avait blessé une autre près de Munich, avant de se donner la mort. I

 Les autres plus graves tueries dans des établissements scolaires, ces dernières années, s'étaient produites à Dunblane, en Ecosse, en 1996, où un forcené avait abattu 16 enfants et leur professeur, et au lycée Columbine, en avril 1999, dans le Colorado, où deux élèves avaient tué 12 camarades et un enseignant avant de se suicider.

MESSAGES DE SYMPATHIE

Les autorités françaises ont exprimé vendredi leur "sympathie" aux autorités allemandes et aux familles des victimes. Le président français Jacques Chirac a adressé un message de condoléances au chancelier allemand Gerhard Schroeder. "En ce moment si douloureux pour l'Allemagne, je vous adresse mes condoléances attristées, en mon nom personnel et au nom du peuple français", écrit-il, selon un communiqué diffusé par la présidence française. "Je vous saurais gré de bien vouloir faire part aux familles des victimes de ma sympathie dans cette cruelle épreuve", ajoute-t-il.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine s'est dit "consterné" et "horrifié". "Je suis consterné et horrifié par la tragédie qui vient d'avoir lieu à Erfurt", écrit M. Védrine dans un communiqué. "J'exprime aux familles des victimes, aux enseignants et aux élèves du lycée d'Erfurt, ainsi qu'aux autorités allemandes toute ma sympathie dans ces tristes circonstances", poursuit-il.

Avec AFP et Reuters

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